Dragons des îles britanniques

La bannière des premiers Anglo-saxons à accoster en Angleterre en 450 était frappé du dragon blanc. Depuis lors, les Dragons se sont assuré une place dans la mémoire des peuples britanniques. Depuis les dragons gallois des WMabinogion et les dragons de la légende Arthurienne en passant par le grand dragon tué par Saint-Georges, saint patron de l’Angleterre, les îles britanniques racontent de nombreuses histoires de dragon.

Le dragon rouge et le dragon blanc

Le dragon rouge Gallois
Le dragon rouge Gallois

Le dragon a été le symbole des rois britanniques depuis des époques mythiques. Les WMabinogions, épopées du pays de Galles, racontent l’histoire du combat pour le contrôle de la Grande-Bretagne entre le dragon rouge (en gallois « Y Draig Goch ») et un envahisseur dragon blanc : Symbole du combat entre les Celtes et les Saxons.

Selon ce récit, les cris de douleur des dragons en train de se battre avaient provoqué des fausses couches chez les femmes et la destruction des cultures.

Le roi Lludd avait consulté son sage frère Llefelys, qui lui avait conseillé de creuser un puits à Dinas Emrys dans le Snowdon et de le remplir de viande. Lorsque les dragons mangèrent la viande et s’endormirent, Lludd réussit à les enfermer.

Uher pendragon par Howard Pyle
Uher pendragon par Howard Pyle

La légende du roi Uther Pendragon (père du roi Arthur) est également associée au dragon : dans une vision, lui apparaît une comète en forme de dragon dont il s’inspire pour créer deux étendards ou insignes.

On raconte que Pendragon voulait construire un château à Dinas Emrys mais la terre tremblait et en détruisait sans arrêt les fondations. WMerlin (magicien), appelé Myrddin en gallois, alla parler au roi des dragons dont le combat continua sous terre après que Lludd et Llefelys les y eurent enfermés. Les dragons furent libérés et continuèrent à se battre jusqu’à ce que les dragons rouges triomphent.

Une autre version de cette légende attribue la construction du châteauau roi Vortigern. WGeoffrey de Monmouth voit en cette victoire la prophétie de la venue du roi Arthur, fils d’Uther Pendragon.

Saint-Georges et le dragon

Insigne de l'ordre de la Jarretière
Insigne de l'ordre de la Jarretière

Le patron de l’Angleterre, Saint-Georges (280-303) était un soldat romain. La célèbre histoire de sa rencontre avec le dragon a atteint probablement l’Angleterre vers le 12e siècle, lors du retour des croisés de la Terre sainte.

L’histoire, qui semble exprimer tout ce qu’un chevalier doit être, avait inspiré le fondateur de l’ordre de la Jarretière en 1348. Henry V réunit ses troupes avec le cri de guerre : « Dieu pour Harry, l’Angleterre et Saint Georges » avant la bataille d’Azincourt.

Selon la légende dorée, les habitants de la cité de Silcha (Silène ou encore Cyrène, Lybie), étaient terrorisés par un dragon vivant dans un lac proche. Parfois, il s’approchait des murs de la ville et empoisonnait de son souffle tous ceux qui se trouvaient à sa portée. Pour apaiser le dragon, un mouton et une vierge était sacrifiés quotidiennement.

Un jour, le sort désigna la fille du roi. Effondré, le roi offrit toute sa fortune et la moitié du royaume pour épargner la princesse, mais les habitants de la cité refusèrent. La princesse fût donc conduite au lac, vêtue des habits d’une future mariée.

Saint-Georges tuant le dragon
Saint-Georges tuant le dragon

En entendant cela, Saint-Georges se porta à son secours. Il chargea le dragon sur son destrier et le blessa de sa lance. Il demanda à la princesse de lui jeter sa jarretière, qu’il plaça autour du cou du dragon.

Ainsi maîtrisé, le dragon suivit la princesse comme un chien en laisse jusqu’au centre de la cité. Les habitants terrifiés offrirent à Saint Georges tout ce qu’il pouvait désirer.

Avant de tuer le dragon, saint Georges demanda seulement que le roi et ses sujets se convertissent au christianisme, ce qu’ils firent. A l’endroit ou mourut le dragon, le roi fit bâtir une église consacrée à la vierge Marie et à Saint Georges. la légende raconte que de cette église coulait un ruisseau guérissant toute maladie.