Dragons du proche-orient

Les dragons sont tout aussi notables dans la mythologie et le folklore de Babylone et de la Perse.

Le dragon babylonien Tiamat

Tiamat
Tiamat

Appelé aussi « sirrush », terme signifiant à peu près « splendeur du dragon », le dragon babylonien a un corps élancé, écailleux, une tête de serpent, des cornes des de vipère, des pattes avant de lion, des pattes arrière d’aigle et une queue de scorpion.

Mardouk, le principal dieu de la cité de Babylone aurait créé le monde en tuant la monstrueuse femelle dragon Tiamat. En effet au terme d’une longue guerre, le jeune dieu Marduk tranche la mère des dieux Tiamat, incarnation de la Déesse du Chaos primordial : de son torse et sa tête, il crée les cieux, de ses jambes et membres inférieurs il créa la terre.

De Tiamat naît l’eau venue en nuages et ses larmes deviennent la source du Tigre et l’Euphrate. Kingu, le nouvel époux de Tiamat, périt lui aussi, et de son sang, Marduk crée les premiers hommes.

Temple de Mardouk
Temple de Mardouk

Tiamat est aussi et avant tout la mère de tout ce qui existe, incluant aussi les dieux eux-mêmes. Son époux est WApsû, la personnification des abimes d’eau douce qui gisent sous la terre. De leur union, de l’eau salée de la mer et de l’eau douce des abimes, naissent les deux premiers dieux : WLachmu et WLachamu, parents d'WAnsar et de WKisar, grand-parents d'WAnu et d'WEa.

Chaque année au nouvel an, les dieux de Babylone et de Borsippa viennent lui rendre hommage ; une grande procession s’organise sur la voie sacrée.

Le huitième et le onzième jour, les dieux se réunissent dans le temple de Mardouk, le saluent avec crainte, se tiennent agenouillés devant lui pendant que les destins se fixent irrévocablement pour l’année entière. La suppression de ces solennités, en temps de guerre ou de malheurs publics, était une calamité dont on faisait mention dans les annales de la cité. Le temple (ziggourat) de Mardouk deviendra le mythe de la Wtour de Babel.

Dans l’ancien testament

nabuchodonosor
Nabuchodonosor

Selon le « Livre de Daniel » de l’Ancien Testament, le grand roi babylonien WNabuchodonosor gardait un dragon dans le temple du dieu WBêl. Lors d’un repas, le roi demande à Daniel pourquoi il n’adore pas Bêl.

Daniel répondit alors qu’il ne croyait qu’en un dieu unique, et que l’idole que les babyloniens adorent n’est qu’une vulgaire statue. Le roi le défia alors d’expliquer pourquoi les offrandes de nourriture disparaissaient chaque nuit.

Les prêtres du rois demandèrent alors au roi de disposer des offrandes dans le temple de Bêl et lui dirent :  » toi, ô roi, fais placer les mets et apporter le vin, après l’avoir mélangé; puis ferme la porte, et scelle-la avec ton anneau.Et quand tu entreras demain matin, si tu ne trouves pas que tout a été mangé par Bel, nous mourrons; ou bien ce sera Daniel, qui a menti contre tous. ».

Daniel tuant le dragon
Daniel tuant le dragon

Seulement Daniel, méfiant, avait disposé de la cendre au sol en présence du roi seul. La nuit, les prêtres de Bêl accompagnés de leurs femmes et enfant rentrèrent dans le temple par une trappe secrète, dévorant les offrandes comme ils en avaient l’habitude.

Le lendemain, Daniel prouva au roi à l’aide des traces de pas dans la cendres que les prêtres avaient dévoré les offrandes. Le roi fou de rage permi à Daniel de détruire la statue.

Probablement vexé, le roi mis alors Daniel au défi de prouver que le dragon que vénéraient les babyloniens n’était pas un dieu. Daniel annonça alors qu’il pourrait le tuer sans épée ni bâton.

Il prit de la poix, de la graisse et des poils, fit bouillir le tout ensemble et en fit des boules qu’il jeta dans la gueule du dragon. Le dragon mourut, ce qui mis hors de lui les babyloniens, qui jetèrent Daniel dans l’antre des lions, et il y survécu.

Le persan Rustam (Rostam) contre le dragon

Les contes perses abondent en dragons au corps écailleux, reptilien, au ventre à arêtes, mais dépourvus d’ailes ce qui les interdit de voler. Toutefois, ils crachent le feu et dévorent les hommes. Le plus célèbre dragon perse décrit dans le Chah-namé (Chahnamah) est présent dans l’histoire de Rustam (aussi appelé Rostam), qui le rencontre près d’une source dans le désert.

Rostam et Rakhsh
Rostam et Rakhsh

Alors que Rostam grandit en grand guerrier, son père Zal lui promet un cheval digne de lui. On lui donne la possibilité de choisir n’importe quel cheval de Zabulistan et de Kaboul. Rostam choisit le cheval Rakhsh connu pour sa grande force et son courage.

Alors qu’aucun homme n’a réussi à le dompter après trois ans d’effort, Rostam réussit à l’attraper et à le monter, provoquant la surprise générale.

Dès lors, Rakhsh ne laisse que Rostam le monter, et inversement c’est le seul cheval capable de supporter le poids et la force du héros. Rakhsh accompagne son maître au travers de nombreux exploits, dont le combat avec le dragon.

Rustam dormait dans le désert, quand un dragon gigantesque approcha. Rakhsh tenta à plusieurs reprise de réveiller son cavalier, mais à chaque fois que Rustam se réveillait, le dragon devenait invisible. A la troisième tentative, Rustam pu voir le dragon et le pourfenda de son épée.

Le roi iranien Faridun (Fereydoun) et ses fils

Une page du Shahnameh
Une page du Shahnameh

Un autre conte du Chah-namé concerne le roi Faridun, ou Fereydoun. Il avait vaincu le tyran Zahhak pour prendre son trône à la tête du royaume devenir roi. Son règne dura 500 ans, et fut un symbole de victoire, de justice, et de générosité.

Faridum eu trois fils. Ils grandirent en hommes forts, mais Faridun n’était pas encore sûr de leur valeur. Il décida alors de les tester. Il leur dit  : « Serv est le roi du Yémen et a trois belles filles. Vous devez aller lui demander leur main ». Ils partirent alors pour  le Yémen, accompagnés d’une grande armée. Arrivés au Yémen ils furent reçus par le roi Serv qui fut impressioné par les trois princes et leur accorda la main de ses filles, ainsi qu’un grand trésor à ramener dans leur royaume.

Les messagers du roi l’informèrent que ses fils étaient sur le retour. Faridun décida alors qu’il était temps de leur faire passer un test et se changea en dragon, puis alla attendre ses fils sur un col de montagne. Quand les trois jeunes hommes arrivèrent, ils virent tout à coup un énorme et féroce dragon.

Les fils de Faridum combattant le dragon
Les fils de Faridum combattant le dragon

Le premier fils fuya le dragon. Le second bandit son arc et sur le point de tirer il dit « Je dois combattre tout danger, que ce soit une bête ou un guerrier. Le troisième fils, le plus jeune, dit : « Dragon, fuis-nous immédiatement, nous sommes les fils du puissant Faridum ».

Alors le dragon se retira en allant plus loins dans une cache, et Faridum revint sous sa forme humaine. Lorsque ses fils le virent, il tenait dans sa main une massue e forme de tête de taureau et dit : J’étais le dragon que vous avez vu ». Faridum fita lors s’assoir ses fils sur des trônes magnifiques et leur parla.

A l’ainé Silim il dit qu’il y avait du mérite à savoir quand il fallait se retirer. De son second fils Tur, il fit l’éloge de la bravoure. A son fils cadet Irij, il dit qu’il avait fait preuve de sagesse et de courage,  et le désigna alors comme gouverneur de Perse (l’Iran actuelle).